Évaluation des paradigmes de traitement de l’information

vendredi 25 mai 2007
par  Daniel Favre
popularité : 10%

FAVRE D. & JOLY J. (2001) Évaluation des postures cognitives et épistémiques associées aux modes de traitement dogmatique et non-dogmatique des informations – application à l’étude de la violence et de l’échec scolaires, Revue Psychologie et Psychométrie, 22 : 3-4, 115-151.)

Description du test

En utilisant un support inspiré du Test de Rosenzweig, dix situations illustrant divers contextes scolaires de frustration, tirées d’événements réellement vécus, avec des professeurs, parents, copains sont proposées à des adolescents. Ces scènes sont présentées sous forme de bandes dessinées et chaque élève est invité à s’identifier à un des personnages et à indiquer par écrit comment, lui, réagirait à sa place.

Notre analyse porte sur les formes langagières produites. Des critères issus de travaux précédents (Favre et Rancoule, 1993 ; Rancoule et Favre, 1993), permettent de repérer les énoncés entre deux paradigmes de traitement des informations.
Le paradigme de traitement dogmatique des informations est caractérisé dans notre modélisation par un mode de fonctionnement où l’individu utilise des énoncés implicites, sous une forme affirmative et dogmatique, en faisant des généralisations abusives (ne prenant en compte que ce qui “colle” avec le point de vue qu’il veut imposer). Le trait le plus saillant est la propension dans ce cas à faire disparaître les marques de l’énonciateur et de sa subjectivité.

Le paradigme de traitement scientifique ou non-dogmatique des informations se traduit par des attitudes cognitives opposées : l’individu dans ce cas utilise des énoncés explicites, nomme, distingue..., sous forme d’hypothèses, c’est à dire en retenant son jugement, ses propos qui n’ont qu’un statut de modèles approximatifs et provisoires, c’est la recherche des contre-évidences qui donne sa valeur à l’énoncé et permet de définir son domaine d’application. La subjectivité de l’énonciateur est prise en compte, son ressenti est exposé et contextualisé.

Le repérage des réponses des élèves nous a demandé de construire une grille de lecture permettant de les classer en fonction de celles qui représentent une pensée non exprimée appelée “réponses non-verbales”, exemple : “je laisse parler mais je n’en pense pas moins !” et les réponses exprimées à l’interlocuteur imaginé grâce à la bande dessinée. Cette grille de lecture nous a permis également de repérer et de quantifier des formes langagières spécifiques d’un paradigme ou de l’autre et ainsi pour l’ensemble des réponses des élèves. Les messages impersonnels : “ça va s’arranger !” ou généralisant : “tout n’est pas négatif !” sont par exemple distingués des messages où l’énonciateur se désigne et nomme son ressenti : “je trouve cela injuste !”.

Test 4 : Repérages et identification des attitudes cognitives des élèves.

Test 4